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19 mai 2017

Moment présent et réincarnation


Contradiction dans les termes?

On parle beaucoup de l'importance du moment présent et de la méditation dont le rôle est de nous ramener au seul moment qui existe – maintenant. Certains se questionnent : «Les Hindous croient à la réincarnation – n'est-ce pas là une préoccupation concernant le futur?»

Dans la méditation hindouiste, et dans toutes les traditions dharmiques, incluant le dharma bouddhique et le dharma sikh, on accorde une grande importance à l’attention consciente. Celle-ci renforce la capacité de l'esprit de choisir consciemment à chaque moment, de déterminer où concentrer son attention.

Vous n’existez ni dans le passé ni dans le futur. Maintenant, c’est tout ce que vous avez.

L'idée que la réincarnation soit une projection dans un futur et qu’y penser entrerait en conflit avec la volonté de vivre au présent, est compréhensible. Cependant, même si savez que tout l’escalier est là, cela ne vous empêche pas de le monter une marche à la fois!

La notion de réincarnation comporte de nombreuses nuances subtiles, et celle-ci peut être conçue d’une multitude de façons.

Demandez à un bouddhiste zen ce qu'il pense de la réincarnation et vous aurez une définition. Demandez à dix autres bouddhistes et vous aurez dix définitions différentes. Demandez à un Hindou, vous en aurez encore une autre. La vie et la mort se produisent à chaque instant. Cela se produit parce que vous changez à chaque instant. À chaque moment, les forces de la création agissent, la préservation et la destruction alternent à l'intérieur de vous et sans votre intervention, à tous les niveaux de votre existence : physique, spirituel et mental. Sur le plan cellulaire c’est la guerre, et dans le monde de notre esprit c’est toujours la bataille, ce que la méditation nous démontre clairement.

Mais nous remarquons les changements inévitables qui s’ensuivent, uniquement quand quelque chose nous anime et nous brasse la cage à un tel point que nous sommes en état de choc – nous sommes certains que rien ne sera plus jamais pareil. Nous le notons seulement plus tard, lorsque, vu à travers la palette douce-amère de notre esprit, nous contemplons avec nostalgie les événements passés de notre vie.

La réincarnation, entendue dans son sens le plus rudimentaire – l'âme s'installe dans un nouveau corps après la mort physique complète du précédent – n’est toujours qu’une extension de ce que la vie est déjà. Vous savez qu'il y a un demain, mais vous ne vivez pas là. Vous savez que vous allez mourir, mais vous choisissez de vivre, alors vous êtes en vie.

Dans cette conception non raffinée de la réincarnation, la renaissance est déterminée par les résidus karmiques de la (ou les) dernière(s) existence(s) physique(s). Mais en attendant, en temps réel, nous pouvons résoudre d’innombrables dettes à travers la méditation. Quand nous disons que nous choisissons de vivre, nous pouvons réellement le faire, en nous éveillant. Les hindous appellent ça Mokcha. Nous pouvons aussi appelez ça libération.

~ Dona Quesada ( www.awaken.com )

Quelques définitions de Charlotte Joko Beck 

Ici et maintenant

Expression très usitée dans le bouddhisme zen pour rappeler le besoin de vivre l’instant de manière directe, sans passer par l’intermédiaire de l’intellect qui noie la réalité sous un flot incessant de souvenirs du passé, d’anticipation de l’avenir. De préjugés et de commentaires sur le présent. Ce rappel au présent s’applique particulièrement à la pratique de zazen où l’on apprend à reconnaître et à expérimenter ses perceptions, ses pensées et ses émotions à l’instant même où elles surgissent dans l’esprit, mais il est aussi une invitation à vivre pleinement toutes les expériences du quotidien, sans rien esquiver.

Impermanence

Une des réalités fondamentales de la vie qui tient une place essentielle dans la philosophie  bouddhique.

- L’impermanence de toute chose et de tout être est une des données inéluctables de la vie; il suffit d’y réfléchir un peu pour le constater, en soi et autour de soi.

- Si la notion d’impermanence peut paraître simpliste par son évidence, elle s’avère d’une importance cruciale pour comprendre le non-soi, ou l’absence de réalité absolue du moi et des choses. (...) Quand on examine la nature de la réalité avec un esprit attentif et lucide, il est impossible de trouver ne serait-ce qu’une seule caractéristique immuable, et donc ontologiquement réelle, qui corresponde aux réalités illusoires créées par l’intellect.

Karma

Ce mot signifie «l’acte, l’action». Dans la terminologie bouddhique, le karma désigne deux choses :
- l’acte lui-même, en tant qu’acte intentionnel, achevé, et porteur d’impressions affectives (qui marquent le sujet dans son subconscient.)
- la relation de cause à effet qui s’applique à tous les actes.

Le langage ordinaire a vulgarisés  le mot karma en lui donnant des sens tels que : destin ou fatalité qui sont assez trompeurs dans la mesure où ils évacuent l’essentiel : la responsabilité de ses actes et de leurs résultats.

Zen / zazen

Le zen est une forme du bouddhisme qui a pour particularité de viser à une prise de conscience directe, intuitive et immédiate de la perfection intérieure eau delà des limites de la pensée discursive. On y parvient par le zazen – «faire zazen», c’est s’asseoir en posture de méditation et simplement observer le va-et-vient des pensées et des sensations. Cette pratique correspond à ce que d’autres traditions bouddhiques appellent la méditation non discursive et sans objet.

Réf. : Glossaire, Soyez zen... en donnant un sens à chaque acte à chaque instant; Pocket 1990

15 avril 2017

Karma instantané

Une crotte karmique, comme on dit... malheureusement pas en chocolat.
Bon congé pascal quand même!

24 décembre 2016

Backup 2016

J’ai fait un backup 2016 pour vérifier mon niveau de dette karmique; ça aide à se serrer la ceinture en ces temps d’austérité universelle.

Une consolidation de dettes peut être nécessaire : un seul banquier cosmique qui répartit vos remises de karma entre vos différents créanciers. Songez-y, ça pourrait vous sauver la vie : 
   Un prêt de consolidation de dettes est, en général, un prêt consenti par une institution financière qui vous permet de rembourser plusieurs ou tous vos créanciers en un seul paiement. Vous n'aurez maintenant qu'un seul prêt : avec votre institution financière. En plus de rationaliser vos dettes en un seul paiement, un prêt de consolidation peut vous offrir un taux d'intérêt moins élevé que celui demandé par vos créanciers ce qui vous permet d'économiser des sous en intérêts. Cette option peut être particulièrement intéressante si vous avez des dettes impayées à des taux d'intérêts élevés (par exemple, les taux d'intérêts des cartes de crédit ou des cartes de financement de magasins). Dans la plupart des cas, l'institution financière acquittera à votre place toutes vos dettes et, en retour, c'est à elle que vous ferez un seul paiement mensuel.
   Cependant, ce ne sont pas toutes les dettes qui peuvent être regroupées dans un prêt de consolidation.
   Afin de se qualifier pour obtenir un prêt de consolidation, un consommateur doit détenir une cote de crédit acceptable ainsi qu'un revenu suffisant pour démontrer qu'il est en mesure de gérer ce prêt (ce qui veut dire qu'il doit démontrer sa capacité à faire les paiements mensuels du prêt de consolidation en plus de payer ses dépenses régulières et ses factures mensuelles). Une cote de crédit entachée diminuera votre capacité à obtenir un prêt de consolidation, c'est pour cette raison que vous devez agir le plus tôt possible. (Site du gouvernement canadien)

Surveillez votre cote de crédit en 2017!

Allez hop! Finissons l’année en riant, pour ne pas faire pleurer le p’tit Karma.

 
 
Ça ,c’est comme la peur de l’enfer dans les religions classiques, ça poigne pas avec tout l’monde, on l’sait :
 
 

Bonne fin d’année! Recyclez dans la joie et la bonne humeur!

17 décembre 2016

«La mémoire d’étain»

Joachim Patinir, Le Styx

Memoria cura teipsam
Francis Etienne Sicard, 2010 

J’ai descendu le Styx jusqu’à son embouchure,
Émargeant de mes yeux les bourgs et leurs couvents.
J’ai conquis les cours, leurs princes et leurs amants,
Et épuisé les mots de ma riche culture.

Arrachant mes mains nues à des ancres de fer, 
J’ai bu les alluvions des tables de marins,
Dont les rires friands attachaient, au matin,
Les épaves de l’aube aux lobes de l’enfer.

À rouler les rochers sur les plages de sable,
J’ai appris à jouer, sur les damiers de marbre,
Le rôle du fou blanc succombant sous le sabre,
Comme un prêtre crachant sur de vivants retables.

Parfois, nu, je tissais des rideaux de borées,
Pour cacher sous ma peau des mantilles de soie,
Des paumelles de cuir, et des anges de bois
Méphitisés au pus d’infâmes gonorrhées.

Alors, je le savais, mon âme avait acquis
Le plus précieux métal que les mines recrachent :
L’or d’un fleuve endormi qui charrie sans relâche
La bélandre royale où repose la vie.

Les manoirs de cristal et leurs forêts de chair
Filaient le long des rives, pareils à d’immenses
Bataclans de sommeils, où de glorieuses panses
Bercent les princesses aux pantoufles de vair.

J’ai vu les turlupins, sur la place Saint Marc,
Grimacer aux passants, et cueillir dans leurs yeux
Des sourires fanés, puis, le regard furieux,
Leur souffler un baiser décoché de leurs arcs.

Aux portes du grand temple, j’ai cloué le temps,
Déchirant le linceul de mes mains impuissantes,
Quand, façonnant la nuit d’une feuille d’acanthe,
J’ai gorgé les bassins d’un grésil de brillants.

Il a plu sur mon cœur, comme il pleut en hiver,
Par bourrasques de glace et presque sans espoir,
Car sous les clairs de lune on vide les miroirs
De leur parfum de paix et de leur gouffre amer.

De suaves refrains enchantaient mes matins.
Des chapelets de voix, attelés à des anges,
Poursuivaient mes pas fous jusqu’au cœur de la fange
Où je clamais mes joies dans un très pur latin.

J’ai vécu de rançons, de quêtes ou moissons;
J’ai lu des grimoires oubliés et perdus;
J’ai brisé alambic, creuset, vase et cornue,
Sans saigner le savoir de son pouvoir de plomb.

Jusqu’aux autels de marbre où vient mourir la mer
J’ai gravi, pas à pas, les gradins du matin,
Épuisé, affamé, apatride et serein
Pour m’endormir, enfin, sur un coussin de fer.

Ivres d’un si beau jour à la saveur de miel,
Ils sont venus puiser les perles de sueur
Au creux de mon front blême affublé de lueurs,
Effaçant, traits par traits, les raies de l’arc en ciel.

Personne sur ce pont, où se couche l’aurore,
Ne se penche vraiment au-dessus de l’abîme,
Débourrant un sourire à ce pitre ou ce mime,
Qu’un lourd fléau impitoyablement dévore.

Est-ce le goût des algues sous mes oripeaux
Ou le sable brûlant effacé de mes yeux,
Qui réveilla, un soir, mon esprit orgueilleux,
Et terrassa enfin ma frayeur des crapauds?

Est-ce le sel fondu sur mes lèvres de soie
Ou le repli pulpeux de ma hanche endormie,
Qui enfanta sa voix et soudain me vendit
Aux délices de chair que punissent les rois?

Est-ce un rêve passé que j’ai jadis enfoui
Au cœur de ma mémoire érodée et labile,
Comme on étouffe une ombre immobile et gracile,
Sous le regard curieux d’un passant ébloui?

Est-ce un leurre de mots, une extase insoumise?
Est-ce un frère qui meurt sous la hache des jours?
Est-ce un esquif battu par un vent de velours?
Est-ce encore un chagrin et sa chaude banquise?

Est-ce vraiment ainsi que je gagnais le large
Libre de toute envie comme affranchi d’effroi,
Pour avoir espéré le retour d’un émoi
Dont le seul souvenir ferait sombrer ma barge?

Alors, j’ai embrassé la déesse d’agate,
Et l’aube ensanglantée d’un poudroiement de feu,
A versé sur la mer l’élixir merveilleux
De légendes dorées et de fables croates.

Des fruits gorgés de jaspe et des fleurs de corail
Nourrirent nos baisers de violentes saveurs
Dont nous puisions l’écume au cœur de nos ardeurs,
Étouffées par l’horreur du caravansérail.

Vagabonds à la course erratique et fantasque,
Nous griffions la face désargentée des astres,
Avec nos ongles crus, sans craindre aucuns désastres,
Comme si la beauté avait détruit nos masques.

Pareils à ces métaux dont les femmes se parent,
Étincelants, précieux, riches et flamboyants,
Nous traversions ainsi cours, geôles ou camps,
Semant autour de nous le chatoiement des phares,

Puis, prenant le temps d’effacer notre destin
Des pages d’un grand livre dont nous étions les mots,
Nous allâmes mourir au fond de ce cachot
Que j’appelle, parfois, la mémoire d’étain.

Via : http://www.poetica.fr/a-propos/

27 septembre 2016

La technologie nous aide-t-elle à voir plus clair?


En 2014, MTechnology lançait mSpy, un logiciel de surveillance intégré dans les smartphones permettant d'espionner son entourage discrètement, ainsi que la surveillance à distance via Cloud. Bien que l'entreprise prétend avoir créé mSpy initialement pour le contrôle parental, l’entreprise réfère aussi à son application comme un outil de mise sur écoute pour recueillir des preuves sur des «cibles» spécifiques. Le logiciel est 100 % indétectable. L’entreprise aurait environ 1,2 millions de clients, dont 50 % d’entre eux utiliseraient ce service à des fins d’espionnage, et 75 % seraient des hommes. L’entreprise connaît une forte croissance. Il est de plus en plus facile de suivre l’activité des gens en ligne. Bien que nous puissions nous féliciter des progrès de la technologie, l’atteinte à la vie privée en entreprise et au quotidien est une véritable menace.

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Si nous utilisons mal la technologie, nous brisons le cours naturel de l’évolution.

Par exemple, certains laboratoires altèrent le processus naturel de l’alimentation en créant des graines génétiquement modifiées, non naturelles. Ces entreprises agissent ainsi pour déposer des brevets sur ces graines et contrôler ensuite leur vente sur le marché.

La même chose se produit dans l’industrie pharmaceutique : il existe un remède très connu, à base d’herbes, dont tout le monde peut disposer, et qui est génétiquement modifié pour être vendu massivement. Ces manipulations ont de terribles conséquences sur notre système énergétique et sur la santé. Il en est de même des aliments irradiés, du chlore et autres produits que l’on ajoute pour purifier l’eau, sans parler des prétendus médicaments de synthèse.

La technologie des médias s’est développée au point qu’elle a parfois une influence catastrophique. Si elle répond seulement aux besoins des multinationales et des politiciens corrompus, elle peut créer des réalités faussées, totalement artificielles. Les fusions d’entreprises se multiplient; elles contrôlent de plus en plus la technologie et utilisent la publicité pour faire naître de faux besoins. Dans ce domaine, les choses ne font qu’empirer.

Plus grave encore est le problème du pouvoir politique et de la surveillance des citoyens, y compris dans les pays démocratiques. Sous prétexte de lutter contre les trafiquants de drogue et les terroristes, les États empiètent de plus en plus sur la vie privée de leurs habitants. … Les États cherchent des moyens d’implanter des puces électroniques dans le corps des gens pour les surveiller. Déjà, aux États-Unis, les dépôts en espèces sont surveillés à partir d’un certain montant, et Internet est complètement espionné. La prochaine étape sera d’imposer une société sans argent liquide, contrôlée par une autorité centrale.

Cette tendance vers une autorité centrale, dans un monde virtuel high-tech coupé de la nature, un monde où l’eau, la nourriture et les autres éléments essentiels de la vie quotidienne sont banalisés et dénaturés conduit à un désastre. Lorsqu’apparaît un cycle infernal où la nourriture se dégrade sans cesse, en même temps que surgissent constamment de nouvelles maladies et de nouvelles drogues, alors Armageddon n’est pas loin, comme cela s’est déjà produit plusieurs fois dans l’histoire. Cela pourrait de nouveau arriver, mais à une échelle plus vaste.

Lorsque les humains pensent, ils émettent un type spécifique d’ondes cérébrales qui rayonnent autour d’eux. Tout les États travaillent sur des machines capables d’identifier ces ondes cérébrales, surtout lorsqu’elles expriment la colère ou des sentiments hostiles au gouvernement (1). Les gouvernements prétendument démocratiques subventionnent ce genre de recherches parce qu’ils craignent leurs peuples.

En Occident, chaque individu croit qu’il peut être son propre maître. Eh bien, si c’était vrai jadis, aujourd’hui, dans un monde hautement technicisé où une arme tenant dans une simple valise peut détruire une ville entière, une telle philosophie est inapplicable. L’humanité ne survivra pas à ce genre de liberté.

~ James Redfield, 1999

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(1) Confirmation 

Bien sûr, les technologies peuvent être utilisées à bon escient. Ça me fait penser au principal argument des pro-armes «ce n’est pas le fusil qui tue, mais celui qui l’utilise» – quelle trouvaille!

Les émotions cartographiées dans le corps
Proceedings of The National Academy of Sciences; Juin 2013


Rang 1 : colère, peur, dégoût, bonheur  
Rang 2 : anxiété, amour, dépression, mépris 
Imagerie : Aalto University


Rang 1 : tristesse, surprise, neutralité 
Rang 2 : fierté, honte, envie
Imagerie : Aalto University

Les émotions les plus courantes déclenchent des sensations corporelles fortes, ont découvert des scientifiques finlandais qui ont aussi réussi à les cartographier distinctement dans le corps.

Le Pr Lauri Nummenmaa et ses collègues de l'Université Aalto ont aussi établi que les réactions aux sensations émotives étaient similaires entre les cultures d'Europe occidentale et d'Asie de l'Est, ce qui laisse à penser que les émotions et leurs réactions corporelles auraient des bases biologiques.

Les sensations qui découlent des modifications corporelles sont un élément important de nos expériences émotionnelles, ajoute le Pr Nummenmaa. Par exemple, l'anxiété peut être vécue comme une douleur dans la poitrine, alors que tomber en amour peut déclencher des sensations de chaleur et de plaisir dans tout le corps.

«Les émotions affectent non seulement notre état mental, mais aussi notre état corporel. Cette réalité permet de nous préparer aux dangers, mais également aux interactions sociales agréables qu'offre notre environnement. La prise de conscience des changements corporels correspondants aux émotions pourrait déclencher des sensations émotionnelles conscientes, comme le sentiment de bonheur.» ~ Lauri Nummenmaa

Selon les chercheurs, leurs résultats ont des retombées importantes pour notre compréhension des émotions et de leur fonctionnement ainsi que de leur base physique.

En outre, ils pourraient aider à comprendre certains troubles émotionnels et fournir de nouveaux outils de diagnostic.

Détails : http://www.pnas.org/content/111/2/646.full

Il n’y a pas si longtemps, seuls les clairvoyants discernaient les émanations énergétiques à l’intérieur et à l’extérieur du corps des gens. Le plus comique, c’est que la recherche scientifique corrobore leurs perceptions longtemps réfutées.

Je songe entre autres aux recherches de Barbara Ann Brennan :
http://situationplanetaire.blogspot.ca/2012/10/maitrise-mentale-2.html

04 août 2016

Marre du karma évolutionniste?

En préambule

J’ai lu une analyse très intéressante sur le phénomène Pokémon Go : «The death of reality», par Andrew Potter (National Post, 22 juillet 2016).


Illustration : Chloe Cushman / National Post

Extraits :

En observant le flux des événements au cours des deux dernières semaines, il est difficile d'éviter le sentiment que quelque chose de très fondamental s'est passé dans notre culture et sa connexion à ce que nous avions l'habitude d'appeler la réalité.
[...] 
     Le «où» et le «quand» de l'existence – c'est-à-dire le fait que les gens occupent une place spécifique dans l’espace-temps – a, bien sûr, été d'une importance primordiale pendant toute l'histoire de l'humanité. Mais il semble que ce ne soit plus le cas. Il a été supplanté par un mode d'existence qui est mobile, branché et virtuel.
     La mort de la réalité et le triomphe de la virtualité est d'abord et avant tout une prouesse technologique. Mais elle diffère des précédents développements technologiques à quelques égards. Le plus marquant est qu’elle s’est rapidement implantée et a dominé toute la planète sans égard au statut économique, aux convictions idéologiques et au développement social ou politique. Presque du jour au lendemain, la virtualité est devenue quelque chose s’approchant de la culture humaine universelle qui restera presque certainement triomphante à long terme.
[...] 
     Cette nouvelle virtualité annonce-t-elle une étape décisive? C'est-à-dire, avons-nous définitivement atteint la mort de la réalité? Il est difficile de voir comment il pourrait en être autrement. [...] 
     La connexion essentielle  nécessaire aux technologies virtuelles s’applique à la collection de hipsters nostalgiques, de foodies et d’adeptes du «faits-le toi-même», de nos jours associés à la contre-culture. Car de leurs divers engagements à tout ce qui est rétro, local et artisanal, ces communautés tirent leur oxygène de l’aspect «partage social» de la virtualité. Mais alors, une question surgit : comment les gens faisaient-ils pour savoir quoi manger avant qu’ils puissent envoyer des photos de leur repas aux autres? 
     Ce qui nous amène à Pokémon Go, un jeu dont l'engouement initial est lourdement basé sur la nostalgie que de nombreux adultes ressentent pour leur premier jeu vidéo tant aimé quand ils étaient enfants. 
     La version intégrale et originale de l’essai de Fukuyama (1989) intitulé The End of History and the Last Man, élabore assez longuement sur le genre de personnes que nous allons devenir à la fin de l'histoire. Il emprunte à Friedrich Nietzsche le terme «les derniers hommes», à savoir, des gens qui sont las de la vie, qui ne prennent aucun risque et ne recherchent que le confort et la sécurité. Ils sont totalement dépourvus d'individualité, de créativité et d’ambition. 
     La vision de Fukuyama de la fin de l'histoire est tout aussi sombre. Viendra un temps où l'audace, le courage et l'imagination auront été supplantés par le consumérisme. Viendra une nostalgie généralisée pour l’époque où l'histoire existait. Et la potentielle violence sera tempérée par ce qu'il appelle «l’entretien perpétuel du musée de l'histoire humaine». 
     Relisez-le, puis regardez la multitude de gens inconscients qui déambulent en plein jour, rivés à leurs téléphones, et qui essaient d’attraper un Pokémon, alors que Donald Trump continue son ascension au pouvoir. Voilà les derniers hommes de la virtualité.
     Fukuyama s’inquiétait qu'à la fin de l'histoire, la nostalgie serait perçue comme une échappatoire à l'ennui du présent. À la fin de la réalité, la nostalgie sera l’endroit où les gens se cacheront pendant que le monde s’embrase.

Article intégral (en anglais) :
http://news.nationalpost.com/full-comment/andrew-potter-the-death-of-reality

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Revenons au karma évolutionniste. Pour moi, cet article peut signifier que les humains se préparent à passer graduellement de la troisième vers la quatrième dimension (ou monde astral notamment virtuel). Toutes les espèces ne sont-elles pas menacées d’extinction en raison de l’éco-suicide que nous perpétuons allègrement?

99% de la population mondiale actuelle est au niveau primaire et collégial du système scolaire karmique… Les post-doctorants s’ennuient à mourir car plus ça change, plus c’est pareil (seuls le décor et les costumes – de chair – changent).

Alors, si vous faites partie du 1% des finissants, voici un florilège de citations qui pourraient vous aider à dédramatiser ou à prendre votre mal en patience durant votre dernière incarnation sur terre. Quittons la terre en riant, sans juger; nous avons tous eu nos belles heures d’inconscience… et peut-être en avons-nous encore.

Par exemple, le karma, c’est quand tu t’incarnes en Warren Buffet et que dans une incarnation subséquente tu t’incarnes en Afro-Américain sans-abri. Rien comme l’expérience pour comprendre... Et, n’oublions pas que : «à la fin de la partie, le Roi et le Pion retournent dans la même boîte» (proverbe italien).

Si l’espèce humaine disparaît et que la terre entreprend une remise à neuf extrême, eh bien le 99% devra attendre une couple de millénaires avant de reprendre ses classes dans la troisième dimension.



Le point de vue de quelques personnes connues et inconnues  

«Je crois au destin. Parfois, cela signifie un vieux barbu assis sur un nuage et qui tire les ficelles; parfois cela signifie des atomes tourbillonnant aléatoirement dans un univers sans joie; parfois cela signifie que tout est prédéterminé, merci au crédit karmique des vies antérieures.» ~ Kyle MacLachlan

«À l’instar de la gravité, le karma est si fondamental que souvent nous ne le remarquons même pas.» (~ ?)

«Contrairement aux idées reçues, le karma n'a rien à voir avec la punition et la récompense. Il fait partie du système d'exploitation de notre univers holographique binaire ou dualiste seulement pour nous enseigner à devenir responsables de nos créations – et toutes nos expériences sont nos créations.» (~ ?)  

«Mes actes sont mes seules vraies possessions. Je ne peux pas échapper aux conséquences de mes actes. Mes actions sont le terrain sur lequel je suis ancré.»
~ Nhất Hạnh Thích

«Indépendamment de ce que nous faisons, notre karma n'a aucune prise sur nous. Pour passer de mortel à Bouddha, vous devez mettre fin au karma, entretenir votre conscience, et accepter ce que la vie vous apporte.» ~ Bodhidharma

«Je ne mépriserais jamais un homme, une femme ou un enfant. Nous sommes tous pareils. Tout ce que nous faisons nous revient, et le karma nous donne parfois des coups de pied au cul à la fin de la journée.» (~ ?)

«D’une part, nous savons que tout arrive pour une raison quelconque, qu’il n'y a ni erreurs ni coïncidences. D'autre part, on nous a appris que nous ne devions jamais abandonner, sachant qu'avec de bons outils et de l'énergie, nous pouvions inverser tout destin ou karma. Alors, que faire? Laisser la lumière décider ou ne jamais abandonner? La réponse est : les deux.» (~ ?) 



«Je crois que les lois du karma ne s'appliquent pas au show-business où de bonnes choses arrivent à de mauvaises personnes assez régulièrement.» ~ Chuck Lorre

«Le karma, la mémoire et le désir sont seulement le logiciel de l'âme. Un conditionnement que l'âme subit afin d’accumuler de l’expérience. Et c'est un cycle. Chez la plupart des gens, le cycle est une réaction conditionnée. sans cesse, ils font et refont la même chose.» (~ ?)

«Juste faire la bonne chose, c'est du karma instantané : «je suis fière de moi».»
~ Linda Thompson

«Être généreux ou aider quelqu’un fait en sorte que je me sens bien, alors je ne le fais pas en espérant un retour de karma profitable.» ~ David Schwimmer

«Je crois en la chance, au destin, et je crois au karma, que l'énergie que vous projetez dans le monde vous revient.» ~ Chris W. Pine

«Qu’on croit ou non à la survie de la conscience après la mort, à la réincarnation, et au karma, tout cela a néanmoins de sérieuses répercussions sur notre comportement.» ~ Stanislav Grof

«Croire ou ne pas croire au karma n'a aucun effet sur son existence, ni sur ses conséquences sur vous. C’est comme s’imaginer qu’en refusant de croire à l'océan cela pourrait nous empêcher de nous noyer.» (~ ?)  

«J'avais l'habitude de voler beaucoup. Mais je ne le fais plus, parce que je crois au karma.» ~ Andy Dick

«Tant que le karma existe, le monde change. Il y aura toujours du karma à gérer.»
~ Nina Hagen

«Chaque chose regrettable qui se produit, par exemple le meurtre de mes parents, j’en suis responsable. Je suis responsable d'être le fils de deux personnes qui ont été assassinées. Je n'ai rien fait pour causer leur meurtre. Mais, si j’en souffre, c'est mon karma; c’est le karma que j'ai manifesté dans cette vie-ci, par le biais de ces circonstances particulières.» ~ Patrick Duffy

«Je ne sais pas ce que font les personnes religieuses. J’aurais aimé être chrétienne avec cette foi aveugle que Dieu s’occupe de tout. Dans le bouddhisme, vous avez l’impression que vous avez une responsabilité face aux situations, et que vous pouvez modifier votre karma (destin).» ~ Marcia Wallace

«Le processus conscient est reflété par l'imagination; le processus inconscient est reflété par le karma – une production d'actions divorcées et aliénées de la pensée.» ~ William Irwin Thompson

«D’une façon, j'aime bien le karma : il fait tout le sale boulot pour moi.» (~ ?)

«J'espère simplement que le karma aura envers vous, les méchants, la même miséricorde que vous avez eue envers les moins fortunés.» (~ ?)

«Bien entendu, je ne souhaite rien d’horrible à personne, mais le karma est parfois étonnant.» (~ ?)

«Le karma ce n'est pas seulement des problèmes, c’est aussi les surmonter.» (~ ?)

«Nous apprenons par l’expérience que l’homme n’apprend jamais rien par l’expérience. Le martyre est la seule façon dont un homme peut devenir célèbre sans compétence.» ~ George Bernard Shaw


Twain le rebelle – «Quand je pense à toutes les personnes désagréables qui sont partis pour un monde meilleur, je suis certain que l’enfer ne doit pas être si terrible que ça.» ~ Mark Twain

«Le paradis est fondé sur le favoritisme. Car si c’était sur le mérite, vous resteriez à la porte et votre chien y entrerait.» ~ Mark Twain

21 février 2016

Les systèmes de «santé»

Ce que raconte Elisabeth Kübler-Ross (1) se passe entre 1995-1997, aux États-Unis. Plus récemment, tous les efforts d’Obama pour améliorer le système de santé ont invariablement été contrecarrés par les républicains.

Ici, nous jouissons (pour combien de temps encore?) d’un régime universel :
   Le système de santé et des services sociaux, tel que nous le connaissons, a été institué en 1971 à la suite de l'adoption de la première Loi sur les services de santé et les services sociaux par l'Assemblée nationale du Québec. Le système québécois est public, l'État agissant comme principal assureur et administrateur. 
   Deux régimes universels permettent à l'ensemble de la population d'obtenir des services hospitaliers et médicaux à la charge de l'État :
- le régime d'assurance hospitalisation, instauré en 1961;
- le régime d'assurance maladie, créé en 1970. 
   De plus, certains services sont offerts gratuitement à des groupes en particulier, selon des critères précis, tels que les services dentaires, les services optométriques et les appareils suppléant à une déficience physique.
   Par ailleurs, en 1997, le régime général d'assurance médicaments est venu compléter la couverture publique de la population québécoise dans le secteur de la santé. Il s'agit d'un régime mixte universel, fondé sur un partenariat entre l'État et les assureurs privés. Ajoutons que les régimes privés d’assurance collective couvrent, outre les médicaments, certains services non assurés par les régimes publics. (Site du ministère)

Or, notre gouvernement actuel semble nous acheminer subtilement vers la privatisation des services. Si cela se concrétise, il faudra conséquemment avoir recours à des compagnies d’assurances qui, selon les rumeurs, pourraient se donner le droit de déterminer qui mérite d’être assuré ou non, en fonction des habitudes de vie et du dossier médical du demandeur. Autrement dit, comme un dossier de bonne conduite en assurances automobiles. Hum... 



Mémoires de vie, mémoires d’éternité
Elisabeth Kübler-Ross
Pocket 1998
Titre de l’édition originale :
The Wheel of Life: A Memoir of Living and Dying; Scribner 1997 

[Extrait] 

... Je reconnais que je n’étais pas une malade idéale. J’ai subi des examens tomodensitométriques, puis une IRM et enfin un check-up complet, tout cela confirmant ce que je savais déjà : j’avais été victime d’une congestion cérébrale. 
   En ce qui me concerne, cette attaque n’était rien comparée à la souffrance que me causaient les méthodes de soins actuelles. J’ai d’abord dû supporter une infirmière hostile, puis l’incompétence stupéfiante du personnel soignant. Au cours de mon premier après-midi dans cet hôpital, une infirmière a essayé de redresser mon bras gauche, qui était bloqué dans une position recourbée et qui me faisait si mal que je ne pouvais même pas supporter l’effet d’un courant d’air. Lorsqu’elle s’est emparée de mon bras, je lui ai fait une prise de karaté avec mon bras valide. Elle a alors appelé deux autres infirmières pour me maîtriser. «Faites gaffe, c’est une bagarreuse», dit la première infirmière aux deux autres. [...] 
   L’aide médicale à domicile ne valait guère mieux. Pour la première fois de ma vie, je bénéficiais de l’assistance médicale pour les personnes âgées et les handicapés, et j’ai pu découvrir ainsi les graves insuffisances de ce système. [...] 
   L’univers des services de santé est kafkaïen. Deux mois après mon attaque, même si je continuais à souffrir d’une paralysie, ma physiothérapeute m’a annoncé que ma compagnie d’assurances avait décidé d’arrêter tout traitement. «Docteur Ross, je suis désolée, mais je ne pourrai plus venir, m’a-t-elle dit. Ils ne veulent plus rembourser les soins.» 
   Comment peut-on traiter un malade de cette manière? Ma sensibilité de médecin en fut terriblement offensée. Après tout, la médecine était ma vocation. Je m’étais sentie honorée de traiter des victimes de la guerre. Je m’étais occupée de malades considérés comme incurables. J’avais consacré toute ma carrière à enseigner aux médecins et aux infirmières à faire montre de plus de compassion. En trente-cinq années de pratique, je n’avais jamais fait payer un seul patient. 
   Et maintenant, voilà ce qu’on me disait : «Ils ne veulent plus rembourser les soins.» 
   C’était donc cela, la médecine moderne : une décision absurde prise par un fonctionnaire quelconque qui n’avait jamais vu le malade? La paperasserie avait-elle remplacé le souci du bien-être d’autrui? 
   Je trouve personnellement qu’aujourd’hui on ne respecte plus aucune valeur. 
   La médecine moderne est complexe et la recherche est coûteuse, mais les patrons des grandes compagnies d’assurances et des organismes privés de préservation de la santé ont des salaires annuels qui atteignent des milliards de dollars. [...] 
   Il fut un temps où la médecine ne s’intéressait qu’à la guérison, et non à la gestion. Il faut absolument qu’elle retrouve cette déontologie. [...] Il faut qu’ils (médecins, infirmières et chercheurs) placent leurs semblables – qu’ils soient riches ou pauvres, blancs ou noirs – au premier rang de leurs priorités. [...] 
   La mort en elle-même est une expérience merveilleuse et positive, mais le processus de la mort, lorsqu’il se prolonge comme le mien, est un véritable cauchemar. Il sape vos facultés, surtout la patience, l’endurance et la sérénité. Tout au long de l’année 1996, j’ai dû lutter contre une souffrance permanente et les limitations que m’imposait ma paralysie. On doit s’occuper de moi jour et nuit. Si on sonne à la porte, je ne peux pas aller ouvrir. Quant à l’intimité, elle appartient désormais au passé. Après quinze années de totale indépendance, c’est une dure leçon. Des gens entrent et sortent de chez moi. Parfois, ma maison ressemble à la gare de New York. Parfois, elle est trop calme. 
   Quel genre de vie est-ce là? Une vie misérable. 
   En janvier 1997, au moment où j’écris ces lignes, je dois dire honnêtement que j’ai hâte de «passer l’examen final». Je me sens très faible, j’ai mal en permanence et de suis totalement dépendante. [...]

Parmi les recommandations d’Elisabeth Kübler-Ross :

- Vous devriez vivre pleinement jusqu’à votre mort.
- Il est important de ne faire que ce que l’on aime faire. Peut-être êtes-vous pauvre, ou affamé, ou encore vivez-vous dans un endroit minable, mais vous devez vivre pleinement votre vie. Et, à la fin de vos jours, vous considérerez votre vie comme une bénédiction parce que vous aurez accompli ce pour quoi vous étiez venu sur terre.
- La plus difficile leçon est d’apprendre à aimer de manière inconditionnelle.
- Il n’y a rien à craindre de la mort. Elle peut être la plus merveilleuse expérience de votre vie. Tout dépend de la façon dont vous avez mené votre existence.
- La mort n’est qu’une simple transition conduisant à un plan d’existence où la souffrance et l’angoisse sont inconnues.
- L’amour permet de tout supporter.
- Mon voeu le plus cher est que vous essayiez de donner davantage d’amour au plus grand nombre possible de gens.
- La seule chose qui soit éternelle est l’amour.

«Nous devons enseigner aux enfants de la prochaine génération en très bas-âge qu’ils sont responsables de leur vie. Le don le plus merveilleux de l’humanité, et aussi le plus affreux, est d’avoir le libre-arbitre. Nous pouvons faire des choix motivés par l’amour ou par la peur.»

«L’ultime leçon est d’apprendre comment aimer et être aimé inconditionnellement.»
(The Wheel of Life, 1997)

«Nous courons après des valeurs qui, à la mort, tombent zéro. À la fin de votre vie, personne ne vous demande combien de diplômes que avez obtenus, combien de manoirs vous avez construits ni combien de Rolls Royce vous pouviez vous payer. Voilà ce que vous enseignent les mourants.» (On Life After Death)

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(1) Dr. Elisabeth Kubler-Ross (1926-2004) est une psychiatre et une psychologue helvético-américaine, pionnière de l'approche des «soins palliatifs» pour les personnes en fin de vie. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages, notamment : On Death and Dying. Un autre livre, On Life After Death, inclut des informations tirées de ses années de travail avec les mourants, des résultats de recherche approfondie sur la vie après la mort, et ses propres impressions et opinions sur ce sujet fascinant et controversé. Elle prend sa retraite en 1996 et, après plusieurs accidents vasculaires cérébraux qui vont la handicaper, elle meurt à 78 ans, à Scottsdale, en Arizona. http://www.ekrfoundation.org/

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Un à-côté particulièrement sombre 

Une des choses qui m’a sidérée dans ce récit autobiographique c’est l’incendie de sa maison, d’origine criminelle, et notamment le motif. Pourquoi ce geste? Ignorance et peur : pas de meilleur passeport pour la violence.



«Depuis le jour où j’ai annoncé mon projet de créer un centre de soins pour les bébés atteints du sida, les habitants du comté de Highland s’y sont farouchement opposés. Comme ils ne savaient pas grand-chose du sida, leurs peurs ont vite pris une ampleur considérable. Pendant mon absence, un ouvrier du bâtiment que j’avais licencié s’est mis à raconter des mensonges un peu partout sur le sida et à demander aux gens de signer une pétition contre moi. ‘Signez si vous ne voulez pas que cette femme introduise le sida dans notre comté’, disait-il aux gens. 
   Il a fait du bon travail. [...] Il était près de minuit lorsque la réunion [d’information] s’est achevée. Ces gens-là me haïssaient. ... Mes assistants, les intervenants invités et moi-même avons été escortés jusqu’à la sortie de l’église par plusieurs policiers qui nous ont ensuite suivis jusqu’à ma ferme. J’ai alors dit à mon ami que je ne savais pas pourquoi la police se montrait si amicale. ‘Idiote, ils ne sont pas amicaux, m’a-t-il répondu en secouant la tête en signe d’incrédulité. Ils ne font que s’assurer que personne ne sera lynché ce soir.’ 
   Après cet épisode j’étais devenue une cible facile. Quand je faisais mes courses en ville, on m’appelait ‘l’amie des nègres’. J’ai reçu quotidiennement des menaces de mort par téléphone. ‘Tu vas crever comme tes petits chéris de bébés sidaïques.’ Le Ku Klux Klan fit brûler des croix sur ma pelouse. D’autres ont tiré sur mes fenêtres. Le plus ennuyeux dans tout cela, c’était que chaque fois que je voulais sortir de chez moi, j’étais victime d’une crevaison. Étant donné que je vivais dans un bled perdu, c’était un grave problème. Il était évident que quelqu’un sabotait mon camion. 
   Finalement, je me suis cachée un soir pour surveiller la grille d’entrée de ma ferme, l’endroit où se produisaient régulièrement ces crevaisons. Vers deux heures du matin, j’ai vu six camionnettes découvertes qui passaient lentement devant la grille d’entrée. Les conducteurs se sont alors mis à jeter des bouts de verre et des clous. J’ai compris que je devais me montrer plus malin qu’eux. Le lendemain, j’ai creusé un trou au bout de mon allée de garage et j’ai installé dessus une barrière canadienne – une grille en métal qui laisserait passer les clous et les bouts de verre. Je n’ai plus eu de pneus crevés, mais j’étais toujours aussi impopulaire à Healing Waters. 
   Un jour, alors que j’étais sortie travailler, un camion a ralenti et le conducteur a hurlé quelque chose d’horrible à mon intention. Puis il est parti sur les chapeaux de roue, mais j’ai eu le temps de remarquer l’autocollant fixé sur le pare-choc et sur lequel était écrit ‘Jésus est le chemin’. Il n’est certainement pas ce chemin-là et, devant cette nouvelle déconvenue, je n’ai pu m’empêcher de crier : ‘Qui sont les vrais chrétiens dans ce coin?’ 
   Cette époque était marquée par la violence et la haine, le sida était perçu comme l’une des grandes malédictions de notre temps.»



«... Le 6 octobre 1994, ma maison fut incendiée. Elle a brûlé complètement, et j’ai tout perdu. Tous mes documents furent détruits. Tout ce que je possédais avait été réduit en cendres. [...] Il était près de minuit. À quelques kilomètres de la maison, j'ai aperçu les premiers signes de l'incendie : des colonnes de fumées et de flammes se détachaient sur un ciel parfaitement noir. J'ai tout de suite compris qu'il s'agissait d'un terrible sinistre. De près, la maison, ou ce qu'il en restait, était à peine visible derrière le rideau de flammes. J'ai eu l'impression de me trouver au milieu de l'enfer. Les pompiers me dirent qu'ils n'avaient jamais rien vu de pareil. [...]
   J’étais effondrée : cette catastrophe était incompréhensible. Parmi tout ce que j’avais perdu, il y avait les journaux intimes où mon père relatait mon enfance, mes papiers et journaux personnels, quelque vingt mille observations se rapportant à ma recherche sur la vie après la mort, des centaines de milliers de pages de documentation, de notes et de textes scientifiques, ma collection d’objets d’art, de photos et de vêtements indiens... tout, j’avais tout perdu. [...] Étant donné qu’il ne servait à rien de nier la perte que je venais de subir, je l’ai acceptée. Que pouvais-je faire d’autre? Après tout, il ne s’agissait que d’un ensemble d’objets et, quelle qu’ait été leur importance sentimentale ou matérielle, ils n’étaient rien en comparaison de la valeur de la vie. J’étais indemne. Mes deux enfants, Kenneth et Barbara, étaient sains et saufs. Quelques pauvres types avaient bien réussi à réduire en cendres ma maison et tout ce qu’elle contenait, mais moi, ils n’avaient pas pu me détruire.»

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«Je n'admire pas Jésus sans réserve. Au milieu des admirables élans de mansuétude que nous transmet l'Évangile, il se rencontre des préceptes impitoyables. C'est ce qui explique comment Jésus peut être à la fois le Dieu des coeurs tendres et des fanatiques.» ~ Louise Ackermann (Pensées d'une solitaire)